Skip to Content

La technologie anti-PFAS d’Haemers: la Wallonie finance l’innovation… mais ne l’utilise pas

Trends Tendances - Frederic Clavir

Spécialisée dans la dépollution des sols sans excavation, l’entreprise wallonne Haemers Technologies affirme pouvoir détruire les PFAS grâce à un procédé thermique innovant. Soutenue financièrement par la Région, elle ne décroche pourtant pas de marchés publics locaux. En cause : le prix… et les règles des appels d’offres.

Voir le reportage

Chauffer le sol pour en extraire les polluants sans devoir excaver. C’est la spécialité de Haemers Technologies, active en Wallonie, à Bruxelles et aux États-Unis. Son procédé repose sur la conduction thermique : le sol est chauffé, les polluants s’évaporent, puis les vapeurs sont captées et détruites à très haute température. Une méthode que l’entreprise a récemment adaptée pour traiter aussi les PFAS, ces « polluants éternels » devenus un enjeu environnemental majeur.

« On a des brûleurs qui chauffent le sol par conduction. On va évaporer les PFAS présents dans le sol, récupérer la vapeur dans un autre tube et la réinjecter dans la flamme de nos brûleurs. Dans la flamme, on est à 1.400 degrés, ce qui permet de détruire les PFAS », explique Ysaline Depasse, team leader technology development.

Une technologie soutenue… mais peu utilisée localement

L’entreprise bénéficie depuis longtemps de soutiens financiers de la Région wallonne pour développer sa technologie. Mais paradoxe : celle-ci n’est pas utilisée dans les chantiers publics régionaux.

« Nous sommes une technologie innovante, donc un peu plus chère. La Région, lorsqu’elle est donneur d’ordre, estime parfois que c’est trop coûteux ou trop innovant et privilégie des technologies plus établies », regrette Jan Haemers, CEO.

Le carcan des marchés publics

En Wallonie, la dépollution des sols pour le compte de la Région est assurée par la Spaque. L’organisme agit dans un cadre strictement balisé. « Nous agissons avec des financements publics. Qui dit financements publics dit marchés publics, avec des directives à respecter. Pour les sites financés par les fonds européens Feder, il existe des exigences en termes de coûts et de délais », précise Caroline Charlier, porte-parole de la Spaque.

La question des critères de durabilité

Avec 70 employés et un chiffre d’affaires de 11 millions d’euros, Haemers mise sur la montée en puissance des enjeux environnementaux pour faire évoluer les pratiques. L’entreprise espère que la Région intégrera davantage de critères de durabilité et d’efficacité environnementale dans ses appels d’offres, ce qui pourrait favoriser des technologies capables de détruire durablement les PFAS plutôt que de simplement les confiner.

Get a Quote